Santiago du Calme ?
Je ne voyais pas toujours l'Eros de tes doigts
Mais tes yeux passionnés m'érotisaient toujours
Où étais-tu pendant toutes ces années ?
Etais-tu retournée à la montagne des Haines ?
Je me souviendrai toujours de l'éclat de tes doigts
L'odeur de ta peau ne pouvait venir que d'ailleurs
Tu étais la rose du désert qui poussait dans le froid
Je ne comprenais pas d'où te venait cette grâce improbable
Qui semblait te faire vaciller à chaque pas
Et te retirer l'air des poumons alors que tu l'aspirais
La foule te pressait contre son sein et tu t'échappais
Insouciante et ravie tu t'échappais au-dessus des rues et des vents
Que faisais-tu des nuages noirs qui souvent apparaissaient dans le ciel ?
D'un coup d'œil tu les tordais d'amour
Et ils fondaient délicatement sous la pression de ta vie
La pluie battante n'est pas que froide pour toi
La pluie sifflante est belle parce qu'elle te frappe
Cette eau qui doucement ruisselle sur ta peau
S'érotise et ne redevient jamais pure
Il n'existe rien qui n'ait un beau trait sous ton regard
Ah miracles, ah mirages !
Que serait la lumière du Soleil sans ta présence
Dirait-on seulement qu'elle éclaire ?
Ce ne serait que monceaux de nuages qui dégringolent de manque
Ce monde dégoulinant de fiel n'aurait même pas de goût
Les étoiles et leur merveilleux tango sont chaque jour plus ridicules
Ton sourire lentement éclipse les astres
J'ai ta paume dans ma paume et les marées affolantes de nos cœurs pitoyablement me terrassent
Ma nuque roidie se tend vers toi et se plie se penche se craque
Soumission paradoxale pleine de puissance
Oh remplis-moi de folie remplis-moi d'amour
Eteins l'Univers et ne le rallume jamais
Reste simplement là sous la pluie battante qui nous martèle
Qui nous murmure ce que nous sommes nous les deux humains sous la tourmente
C'est le cœur de la tempête qui nettoie et purifie le monde
Cette violence est belle comme toi
Tu es le chantre du monde la déesse aux yeux tristes et roses
La vile ville vilipendée crie à l'aide et le meurtre brille en elle
Elle cherche à t'atteindre – le sens-tu ?
Tous te repoussent car personne ne comprend plus la beauté
Ils te craignent et te méprisent car la bile de leur norme les ronge
Je suis dans ce taxi les feux rouges et verts défilent et se déforment dans l'obscurité
La radio siffle et crachote sur la connerie humaine
Il est tard et il fait froid
Que ne suis-je sans toi ?
Il fait plein jour dans la campagne le vent est levé
Il fait chaud les oiseaux pépient
Je crois être bien mais je m'ennuie
Que ne suis-je sans toi ?
Je rêve bien au chaud dans mon lit emmitouflé
Je dors et je rêve de formes rondes et belles
Elles m'étreignent et la douceur envahit tout
Mais que valent-elles près de toi ?
Tu étais là sur le port – odeurs marines qui te ressemblent si peu
Au creux de la ville – bruits affreux qui dissonent avec toi
Et tu attendais que je vienne – toi qui es si preste
La mer derrière toi était calme – mais l'océan bouillait dans tes yeux
Le sol sous tes pieds était dur – ton étreinte moelleuse
L'air chaud coulait autour de nous – tout près de ta peau fraîche
De ces milliers d'idées qui me traversent
Je ne peux en retenir aucune
Elles filent et je ne peux les voir
Je n'ai pas assez de mots pour te dire
Seul les tiens pourraient être assez forts
Et tu ne veux pas les dire
Les étincelles dansent et absolvent tout
La fuite éperdue dont je rêve c'est cette tempête
Prends-moi avec toi au cœur de ta violence
Et serre-moi en ton sein comme une mère enserre son enfant dans son corps
Parle-moi d'amour si tu le souhaites mais surtout parle-moi de ton cœur
Décris-moi tout ce que tu trouves beau qu'à mon tour je puisse connaître le monde
Tu es le diamant aux mille facettes que je chéris
Chaque éclat en toi est presque indéchiffrable
Donne-moi cette matière étrange si proche des rêves
Qu'on ne peut connaître qu'avec le silence
Sois cette bête immense qui me traque dans le sommeil
Sois cette dame aux cheveux longs détenant la clé du monde
Ne me laisse pas de repos je ne veux que toi
Je repense encore à la mer qui ne dort jamais
Celle qui m'engloutit souvent et qui est toujours là
Le vent souffle à nouveau tout près de moi
Elle réside dans les pays toujours sombres et rougeâtres
Et lorsque la lune se lève toujours de sang s'emplit
Les dunes qui la bordent ne tarissent guère les flots de cette passion féroce
Je veux chanter avec ta force et grâce à toi mon son porte
Si je pense à la mer – si je pense à toi
L'air souffle et je me sens enfin bien
12/2011

















